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Les deux généalogies bibliques présentées sur ce site, l'hébraïque et la grecque, sont issues de deux variantes de l'Ancien Testament (ou Bible Hébraïque) : l'une a donné naissance au Texte Massorétique et l'autre a aboutit à la Bible des Septante (communément appelée la Septante). Ces textes maintes fois recopiés et traduits au fil des siècles donnent lieu à des versions qui sont parvenues jusqu'à nous.
Voici une introduction à l'origine de ces versions et à la "généalogie des textes". Etant donné la complexité du sujet, il s'agit d'en donner seulement un aperçu. Les personnes intéressées pourront approfondir leurs connaissances en consultant les références et liens signalés en bas de page.
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Les livres originels |
La Bible Hébraïque est appelée Tanakh en hébreu, mot formé des initiales des trois ensembles de livres qui la constituent : Torah, Nevi'im, Ketouvim. Les spécialistes ne s'accordent pas sur l'époque de la première rédaction de ces livres et de leurs possibles remaniements.
La Torah a certainement été mise par écrit et recopiée très tôt. Elle l'était déjà à l'époque de la royauté. En effet, le livre de Deutérome (chapitre 17, verset 18) indique : "Quand il montera sur son trône royal, il écrira pour lui, dans un livre, une copie de cette loi qu'il prendra auprès des prêtres, les Lévites". Le deuxième livre des Rois évoque aussi au chapitre 22 la redécouverte par le grand-prêtre Hilkija du livre de la loi dans la maison de l'Eternel (vers 620 avant JC).
Les Nevi'im et les Ketouvim seraient des écrits plutôt tardifs, rédigés et compilés pendant la période d'exil à Babylone (VIème siècle avant JC).
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Les variantes |
Dès le IIIème avant JC, il est possible de considérer que trois variantes de la Bible hébraïque coexistent et sont les "ancêtres" des textes qui sont parvenus jusqu'à nous. La première - la variante samaritaine - ne concerne que la Torah. Elle est devenue confidentielle et n'aurait pas fait l'objet de publication récente.
La variante samaritaine
Elle s'explique par des raisons politico-religieuses. Les samaritains sont un peuple constitué des quelques hébreux que le roi Sargon II n'aurait pas exhilé en Assyrie et surtout d'autres peuples qu'il a déplacés sur le territoire d'Israël (pour plus de détails, voir la chronologie royale) et qui ont adopté la religion des hébreux locaux. Ces samaritains ont adopté le judaïsme et ont également établi leur Torah dans une optique de préservation d'un texte supposé plus conforme à l'inspiration divine, par opposition à celui d'une Torah juive "post-déportation" qui aurait remanié ce que Dieu avait dicté.
Plus de 6000 différences avec le Texte massorétique actuel ont été inventoriées, sans qu'elles n'en changent le fond à l'exception de la substitution de Jérusalem par le mont Garizim, du fait d'une stricte séparation entre Samaritains et Israëlites.
Découvrez les versions du Pentateuque samaritain.
La variante proto-grecque
Il n'existe pas de trace en hébreu de cette variante. Mais elle est à l'origine de la traduction grecque de la Septante à partir de 270 avant JC. Au Ier siècle après JC, Luc a rédigé son évangile en se référant, soit au Texte grec de la Septante, soit au Texte hébreu de cette variante.
Cette variante partage des similitudes avec la variante samaritaine (environ 2000 différences entre la Torah samaritaine et le Texte massorétique se retouvent dans la Septante) et avec les manuscrits de Qumrân.
Découvrez les versions de la Septante.
La variante proto-massorétique
La troisième variante est celle qui comporte le plus de différence avec les variantes ci-dessus. Elle est la base des travaux des Massorètes qui aboutiront au Texte massorétique que nous connaissons. Elle est la variante ayant servi à des traductions à partir du IIème siècle après JC. Le Texte massorétique établi au Xème siècle et parvenu jusqu'à nous a longtemps été considéré comme la meilleure transmission du Texte reçu par les juifs.
Découvrez les versions du Texte massorétique.
Les références |
Les informations restituées ci-dessus sont issues de nombreuses références. Wikipédia s'avère être la plus riche et la plus accessible pour introduire le sujet complexe de la généalogie des textes bibliques. Pour autant, le Wikipédia français apparait parfois très laconique même pour des codex conservés en France. Les mêmes articles du Wikipédia anglais sont étonnamment plus développés.
Les références ci-dessous ont également été consultées ou utilisées :
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